Ali Abu Yasin a été désigné « Writer of Courage » 2026 par English PEN. Annoncée le 8 octobre à Londres, cette distinction met en lumière un auteur et metteur en scène de Gaza dont le travail relie l’écriture, la vie quotidienne et la transmission. Pour comprendre ce parcours, un entretien qu’il avait accordé en juillet 2024 apporte un autre éclairage.
Une distinction consacrée à la liberté d’expression
Dans son annonce du 8 octobre 2026, English PEN précise que Jacqueline Rose, lauréate du PEN Pinter Prize cette année, a choisi Ali Abu Yasin pour partager ce prix, en coopération avec l’organisation. Elle a rendu ce choix public lors d’une intervention à la British Library.
Le titre « Writer of Courage » distingue un auteur engagé dans la défense de la liberté d’expression, souvent au risque de sa sécurité ou de sa liberté. Selon English PEN, Abu Yasin travaille avec Ashtar Theatre depuis 2008 : il y a développé et dirigé la première version des Gaza Monologues, ensuite traduits et joués dans différents pays.
Écrire lorsque la scène devient inaccessible
Dans un entretien publié par Al Jazeera Arabic le 4 juillet 2024, Abu Yasin présentait le théâtre comme un lieu de joie, de culture, d’humanité et de construction. Il expliquait alors se consacrer à l’écriture pour conserver, par la création, des traces de ce qu’il vivait et observait pendant la guerre.
Il évoquait aussi la lecture et l’écriture comme des activités qui l’aidaient à traverser ses journées. Cet entretien décrit une période précise de son parcours. Il éclaire sa conception du travail artistique, sans fournir un état des lieux des salles de théâtre disponibles aujourd’hui.
Donner une place aux œuvres et à leurs contextes
La distinction offre une occasion de découvrir un auteur, mais elle ne remplace pas la rencontre avec ses textes. Les lire, les traduire ou les porter sur scène permet de transmettre une voix singulière, à condition de préciser leur date et les circonstances de leur création.
Cette attention au contexte rejoint les questions posées par les archives cinématographiques palestiniennes et leur présentation au public. Dans les deux cas, rendre une œuvre accessible demande aussi un travail de documentation. Une reconnaissance internationale ouvre ainsi une porte vers la création, sans résumer à elle seule la diversité des expériences et des voix de Gaza.
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