Une chaussure remise en état permet de prolonger l’usage d’un bien et procure du travail à celui qui la répare. À Gaza, ces deux fonctions se rejoignent dans les petits ateliers. Un reportage de mai 2026 montre comment la cordonnerie répondait aux difficultés des familles ; les orientations de relèvement annoncées en octobre invitent à regarder aussi les conditions nécessaires à la continuité de ces services.
Un objet réparé, une dépense différée
Dans un reportage publié le 26 mai 2026 par Al Jazeera Arabic, la journaliste Israa Tareq Al-Ramli décrit le travail du réparateur Khaled Al-Joujou. Installé dans un atelier mobile, il remet des chaussures et des sacs en état à l’aide d’une machine à coudre.
Le reportage rapporte que des parents choisissent de réparer leurs propres chaussures afin de réserver l’achat de nouvelles paires aux enfants. Cette observation appartient au contexte de la préparation de l’Aïd, en mai. Elle ne permet pas de connaître les tarifs actuels ni de mesurer les choix de toutes les familles.
La compétence a besoin de fournitures
Khaled Al-Joujou y explique aussi les difficultés à obtenir du fil, des aiguilles et d’autres fournitures. Les réserves emportées au fil des déplacements l’aident à continuer son activité. La présence d’un artisan et d’une machine ne garantit donc pas, à elle seule, qu’une réparation pourra être réalisée.
Ces contraintes éclairent une dimension du programme R.E.V.I.V.E II annoncé le 11 octobre par le PNUD et la République de Corée. Le communiqué relie le logement temporaire, les services essentiels, les infrastructures et le soutien aux moyens de subsistance dans les mêmes quartiers. Il ne mentionne pas ce cordonnier et ne confirme aucune aide à son atelier.
Garder les services de proximité accessibles
La réparation mérite une place dans la réflexion sur le relèvement : elle fait durer les objets disponibles tout en maintenant une activité professionnelle. Pour comprendre son utilité, il faut regarder ensemble la demande des habitants, les matériaux nécessaires et les possibilités de travail de l’artisan.
Cette question complète celle de la reprise du travail à Gaza. Le savoir-faire compte, mais sa continuité dépend de conditions matérielles. Soutenir les petits ateliers suppose de considérer leurs besoins propres, sans transformer un témoignage individuel en promesse de reprise pour tout un secteur.
Une précision ou une correction ?
Signaler une erreur à la rédaction ↗






