Un atelier a besoin de machines, mais aussi d’énergie, de pièces et d’un accès aux clients. À Gaza, remettre un local en état ne suffit pas à rétablir cette chaîne. Le bilan économique publié par Al Jazeera le 8 octobre décrit des routes et des marchés endommagés, des approvisionnements perturbés et des entreprises qui peinent à reprendre leur activité.
Pour apprécier une reprise, il faut donc regarder ce qui peut de nouveau être produit, transporté et vendu. Une hausse d’un indicateur global peut coexister avec des ateliers inactifs et des familles privées de revenu.
Une croissance calculée depuis un niveau très bas
Le rapport économique de la Banque mondiale de mai 2026 estime que le PIB réel de Gaza a augmenté d’environ 30 % en 2025. Il souligne que cette progression reflète surtout le niveau très bas atteint après la contraction de 2024, plutôt qu’une reprise significative de l’activité sous-jacente. Le rapport s’appuie sur les informations disponibles à la fin d’avril 2026 ; ce résultat annuel ne décrit pas l’activité d’un atelier aujourd’hui.
Un exemple fictif permet de comprendre cet effet de base. Une production qui passe de 100 à 20 unités perd 80 %. Si elle remonte ensuite de 30 %, elle atteint 26 unités, encore loin des 100 initiales. Le pourcentage de croissance mesure la variation depuis le point de départ choisi. Il ne donne pas, à lui seul, la distance qui reste à parcourir.
Suivre les conditions concrètes du travail
La Banque mondiale présente l’accès prévisible aux matériaux, les financements et des dispositifs institutionnels durables comme des conditions du redressement. Ces besoins relient la reconstruction des bâtiments à la possibilité de maintenir une activité.
Dans le suivi des entreprises, les questions utiles portent sur la régularité de l’approvisionnement, le fonctionnement des équipements et la possibilité d’atteindre les marchés. Une machine réparée constitue un progrès concret ; elle ne renseigne pas encore sur les commandes, le nombre de journées travaillées ou la stabilité du revenu.
L’aide alimentaire reste essentielle pendant cette période, comme l’explique notre dossier sur la continuité des repas collectifs. L’accès à des services d’assainissement durables participe aussi aux conditions de vie des familles. Le redressement économique se mesure autant dans cette continuité que dans une variation annuelle du PIB.
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