Des olives peuvent encore être récoltées à Gaza sans que l’agriculture ait retrouvé les moyens de produire durablement. Le reportage d’Al Jazeera du 4 octobre décrit, à travers le récit d’un cultivateur, les difficultés qui entourent les arbres restants : eau, équipements et coûts de production. Une récolte dépend de toute cette chaîne, jusqu’au moulin.
Marwan Al-Taaban, agriculteur d’Al-Zawaida, dans le centre du territoire, explique au média que l’eau manque et que, même lorsqu’elle est disponible, il faut des pompes et des moteurs pour irriguer. Il évoque aussi des difficultés d’approvisionnement en engrais et le coût du pressage. Ce témoignage décrit sa situation ; il ne mesure pas à lui seul l’état de toutes les exploitations.
Une terre accessible peut encore avoir besoin de travaux
L’évaluation de la FAO et d’UNOSAT publiée le 18 août permet de distinguer deux obstacles : accéder à une parcelle et disposer d’un terrain non endommagé. Au 24 juin 2026, elle recensait 4 091 hectares de terres cultivées accessibles à Gaza. Parmi eux, 448 hectares seulement étaient à la fois accessibles et non endommagés, soit environ 3 % de l’ensemble des terres cultivées.
Les 3 643 hectares accessibles mais endommagés nécessitaient une remise en état avant la reprise de la culture, selon cette évaluation. Ces données portent sur les terres cultivées dans leur ensemble, pas seulement sur les oliveraies. Elles décrivent la situation évaluée en juin et ne constituent pas un relevé de la récolte d’octobre.
Remettre en état les terres et les moyens de produire
La FAO souligne également les pénuries de semences, d’engrais, d’équipements d’irrigation et de carburant. Elle demande un accès sûr aux terres, l’entrée des fournitures nécessaires et un soutien à leur réhabilitation. Le récit recueilli en octobre donne un aperçu concret de ces contraintes, sans transformer l’étude satellitaire en bilan actualisé.
Le problème prolonge celui de la reprise du travail à Gaza : un signe d’activité ne suffit pas à établir que les moyens de subsistance sont rétablis. Pour une exploitation, il faut pouvoir recommencer les travaux et entretenir les équipements, au-delà d’une récolte ponctuelle.
En Cisjordanie, l’accès aux oliveraies pose d’autres difficultés déjà documentées. Les bilans des deux territoires ne se confondent pas. À Gaza, les besoins de remise en état concernent autant les parcelles que les moyens qui permettent aux familles de les cultiver en sécurité.
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