Un olivier chargé de fruits ne garantit pas une récolte. Il faut pouvoir rejoindre le champ, y travailler et transporter les olives sans être menacé. En Cisjordanie, les restrictions de circulation et les attaques contre les agriculteurs compliquent ces étapes. Les informations publiées au début d’octobre éclairent le risque pour cette saison, sans permettre encore d’en dresser le bilan.
Des attaques rapportées près de Naplouse
Dans son article du 3 octobre 2026, Al Jazeera Arabic rapporte des attaques de colons contre des cueilleurs à Beita et à Osrin, au sud de Naplouse. Son correspondant fait état de blessés à Osrin et de tirs de gaz lacrymogène par les forces israéliennes en direction de citoyens et de journalistes. Le média rapporte également que des agriculteurs ont été empêchés d’atteindre leurs terres.
Ces faits sont attribués au reportage. Ils ne constituent pas un décompte de l’ensemble des incidents de la saison. Le texte ne fournit pas de réponse des autorités israéliennes aux faits précis retenus ici ; aucune justification particulière ne peut donc leur être prêtée.
À Beit Ula, un accès contraint au-delà de la récolte
Le rapport humanitaire de l’OCHA daté du 2 octobre décrit un autre lieu : Beit Ula, au nord-ouest d’Hébron. Une étude de cas rapporte que l’accès à environ 1 500 dunums de terres agricoles est fortement contraint, dont près de la moitié plantée d’oliviers. Un dunum correspond ici à 1 000 mètres carrés.
Selon cette étude, l’installation d’un avant-poste en juillet 2025 a été suivie d’intimidations et de difficultés d’accès signalées par les agriculteurs. La municipalité a été informée, le 14 janvier 2026, d’un ordre militaire fermant environ 1 300 dunums pour un an. Ces surfaces se recouvrent largement : les additionner donnerait un total trompeur.
Protéger le travail agricole, pas seulement remplacer les arbres
L’OCHA identifie, avant la récolte de 2026, plusieurs difficultés pour les ménages agricoles : accès restreint, attaques, vols de récoltes, destruction d’arbres et d’équipements, hausse du coût des intrants. L’étude de Beit Ula et le reportage près de Naplouse concernent des lieux et des dates différents. Leur rapprochement éclaire plusieurs mécanismes ; il ne confirme pas séparément chaque incident.
Pour une famille, un arbre intact peut devenir improductif si personne ne peut venir le récolter. Un arbre endommagé et un champ inaccessible ne racontent donc pas la même perte. Suivre uniquement le nombre d’arbres détruits laisserait de côté le travail empêché et les fruits qui restent sur place.
Le suivi de cette saison devra préciser les accès effectivement ouverts, les journées de travail possibles et les quantités récoltées. Il faudra aussi distinguer les chiffres de 2025 des observations de 2026. La protection des agriculteurs, des journalistes et des autres civils doit s’appliquer sans distinction de nationalité ou de religion. Retrouvez les organismes suivis dans nos sources d’information.
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