Remettre un quartier en état doit aussi permettre à ses habitants de rejoindre un travail, une école ou un service. Le 11 octobre 2026, le PNUD et la République de Corée ont annoncé la deuxième phase du projet R.E.V.I.V.E à Gaza. Elle vise à relier les abris temporaires aux infrastructures de base, aux services essentiels et aux moyens de subsistance dans les mêmes quartiers.
Cette approche rencontre une difficulté racontée dans un reportage d’Al Araby Al Jadeed du 3 octobre : le trajet quotidien peut devenir un obstacle en lui-même. Amal Saleh, qui se rend de Nuseirat à Gaza pour travailler dans une institution éducative, décrit l’attente d’un véhicule, l’encombrement des points de départ et le coût du transport.
Une route et un véhicule doivent être disponibles ensemble
Le reportage présente aussi le récit d’Amer Abou Sultan, habitant de Deir al-Balah et employé dans une boulangerie de Gaza. Il explique devoir parfois dormir sur son lieu de travail faute de transport pour rentrer le soir. Ces témoignages décrivent des situations précises au début d’octobre, sans mesurer les déplacements de toute la population.
Ils permettent de distinguer deux besoins : disposer d’un passage praticable et trouver un moyen de le parcourir. L’attente, le prix et les possibilités de retour comptent autant que la distance. Un service proche sur une carte peut rester difficile à atteindre dans une journée réelle.
Ce que le programme annoncé peut apporter
Dans son communiqué, le PNUD rapporte que la première phase de R.E.V.I.V.E a réutilisé des débris traités pour réhabiliter des routes et des surfaces servant de base aux abris. Ce bilan associe deux usages distincts ; il ne décrit pas uniquement des routes et ne prouve pas que tous les trajets sont redevenus possibles.
La deuxième phase doit poursuivre une approche à l’échelle des quartiers, en reliant notamment logement temporaire, eau, assainissement, santé et éducation. Il s’agit d’un programme annoncé. Son lancement ne permet pas encore de conclure que l’attente d’Amal ou les difficultés de retour d’Amer ont diminué.
Pour apprécier les améliorations, il faudra donc regarder ce qu’elles changent dans les déplacements : peut-on partir et rentrer, à quel coût et avec quelle régularité ? Ces questions prolongent celles du trajet vers l’école à Gaza et de la reprise du travail. Réparer les infrastructures et rendre les services accessibles doivent avancer ensemble pour que le relèvement bénéficie au quotidien des civils.
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