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Silent Witnesses : les objets du quotidien portent la mémoire du déplacement
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Silent Witnesses : les objets du quotidien portent la mémoire du déplacement

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Culture & mémoire

Silent Witnesses : les objets du quotidien portent la mémoire du déplacement

À Doha, l’exposition de Majdulin Nasrallah ouverte le 6 octobre explore les objets familiers, la perte et le déplacement. Un reportage du 12 octobre en décrit les matières.

Illustration d’une couverture pliée, d’un miroir simple et d’une tasse sur une table dans une pièce fictive.
Illustration éditoriale originale de Free Palestine News autour des objets domestiques et de la mémoire ; aucun lieu réel ni œuvre de Majdulin Nasrallah n’est reproduit.

Une couverture, un miroir ou un morceau de tissu peuvent rappeler une maison et les gestes qui s’y déroulaient. À Doha, l’exposition « Silent Witnesses » de Majdulin Nasrallah, présentée à la galerie Al Markhiya de Katara, explore les significations nouvelles que prennent les objets familiers dans les expériences de violence, de déplacement et de perte.

La galerie situe l’ouverture au 6 octobre 2026. Dans un reportage publié le 12 octobre, Al Araby Al Jadeed décrit plusieurs œuvres et échange avec l’artiste palestinienne.

Les matières de la maison, déplacées dans l’exposition

Le média décrit notamment des fragments de tissu arrangés à la manière d’un plan de maison, avec des fils laissés libres sur les bords. Il présente aussi deux couvertures dont les motifs et le cadre ont été séparés. Ce qui formait un ensemble domestique apparaît ainsi en parties, avec des espaces visibles entre elles.

Selon la galerie, Nasrallah travaille à travers la peinture, le textile, les objets conçus et les interventions dans l’espace. Sa pratique relie les personnes, les lieux et les choses, en faisant dialoguer les souvenirs intimes et les expériences collectives. Un objet habituel devient une manière de regarder ce qui manque autour de lui.

Regarder les traces sans effacer les personnes

La force de cette approche tient au changement d’attention qu’elle propose. Devant un tissu ou un miroir, le regard peut revenir aux usages : se couvrir, habiter une pièce, retrouver son image. Le déplacement ne concerne alors plus seulement un lieu quitté ; il touche aussi les habitudes et les relations qui donnaient forme au quotidien.

Cette lecture reste celle d’un projet artistique. Les œuvres ne remplacent pas les récits des personnes déplacées ni les documents permettant d’établir un événement. Elles ouvrent un autre espace pour penser la mémoire et l’absence, à partir de choses ordinaires.

Le travail sur les matières prolonge des questions de création et de transmission textile palestiniennes. Préserver un objet, transformer un tissu ou montrer les espaces entre des fragments sont des gestes différents. Ici, le regard porté sur la maison et ses usages invite à maintenir les vies civiles au centre de la mémoire, plutôt qu’à réduire les personnes à ce qu’elles ont perdu.

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