Gaza : ce que révèlent les cartes des destructions après plus de deux ans de guerre
Depuis le 7 octobre 2023, la bande de Gaza est devenue l’un des territoires les plus touchés par un conflit armé au XXIᵉ siècle. Images satellites, rapports d’organisations internationales et analyses cartographiques permettent aujourd’hui de mieux comprendre l’ampleur des destructions et leurs conséquences sur le territoire.
Au fil des mois, les données collectées par les agences internationales ont permis de cartographier l’évolution du conflit : zones bombardées, déplacements massifs de population, infrastructures détruites et transformation profonde du paysage urbain.
Si les informations sur la guerre sont nombreuses, elles restent souvent fragmentées. L’étude des cartes satellites permet toutefois de reconstruire une vision plus globale de la situation. En observant l’évolution des destructions dans le temps, il devient possible de mesurer l’impact réel du conflit sur la bande de Gaza et sur les populations qui y vivent.
La bande de Gaza : un territoire étroit et densément peuplé
La bande de Gaza est un territoire côtier situé à l’est de la mer Méditerranée. Sa forme géographique particulière lui vaut son nom : il s’agit d’une bande de terre longue d’environ 41 kilomètres et large de 6 à 12 kilomètres.
Ce territoire est entouré :
- au nord et à l’est par Israël
- au sud par l’Égypte
- à l’ouest par la mer Méditerranée
Avant le déclenchement de la guerre en octobre 2023, la bande de Gaza comptait environ 2,2 millions d’habitants. Cela en faisait l’un des territoires les plus densément peuplés au monde.

Le territoire est administrativement divisé en cinq gouvernorats principaux :
- Nord Gaza
- Gaza City
- Deir al-Balah
- Khan Younès
- Rafah
Parmi eux, Gaza City constitue le principal centre urbain avec plusieurs centaines de milliers d’habitants. Les autres villes regroupent également d’importantes populations et jouent un rôle essentiel dans l’organisation du territoire.
L’économie et les ressources avant le conflit
Avant le déclenchement du conflit, l’économie de Gaza reposait sur plusieurs activités principales. Malgré des contraintes économiques et politiques importantes, certains secteurs permettaient encore de soutenir une partie de la population.
L’agriculture
L’agriculture représentait une activité essentielle pour de nombreuses familles. Les terres agricoles situées principalement dans le nord et le centre du territoire permettaient la production de fruits, légumes et cultures maraîchères.
Des serres agricoles étaient également utilisées pour produire des légumes destinés au marché local.
La pêche
La pêche constituait une autre source importante de revenus. Cependant, l’activité était fortement encadrée par les restrictions maritimes imposées au fil des années.
La zone de pêche autorisée variait régulièrement. Parfois étendue, parfois réduite, elle pouvait même être totalement interdite durant certaines périodes.

Le 7 octobre 2023 : un tournant dans le conflit
Le 7 octobre 2023 marque un événement majeur dans l’histoire récente du conflit israélo-palestinien. Ce jour-là, le Hamas lance une attaque d’ampleur contre Israël.
Selon les autorités israéliennes, environ 1200 personnes sont tuées en une seule journée. L’attaque vise des cibles militaires mais également des civils.
En réponse, Israël lance une opération militaire de grande ampleur contre la bande de Gaza. Des bombardements intensifs commencent dès les jours suivants.
Les premières destructions observées par satellite
Dès les premières semaines du conflit, les images satellites révèlent des dégâts importants dans plusieurs zones urbaines.
Les analyses réalisées par le programme UNOSAT des Nations unies permettent d’identifier les bâtiments endommagés ou détruits.
Un mois après le début de la guerre, les cartes montrent que le nord de la bande de Gaza est particulièrement touché. Plusieurs quartiers de Gaza City apparaissent fortement endommagés.

Les déplacements massifs de population
Face à l’intensité des bombardements, des ordres d’évacuation sont progressivement émis par l’armée israélienne. Pour organiser ces déplacements, le territoire est divisé en plusieurs centaines de zones.
Les habitants de certaines zones sont invités à quitter leur domicile afin d’éviter les combats.
Ces mesures provoquent des déplacements massifs de population. Des centaines de milliers de civils quittent leurs habitations pour rejoindre d’autres parties du territoire.
Beaucoup se dirigent vers le sud, considéré à certains moments comme moins exposé aux combats.
L’extension des destructions en 2024
Au cours de l’année 2024, les combats s’étendent progressivement à d’autres régions du territoire.
Les cartes satellites montrent que les villes de Khan Younès et Rafah subissent également des dégâts importants.
Les destructions ne concernent pas seulement les bâtiments résidentiels. De nombreuses infrastructures essentielles sont également touchées :
- routes
- réseaux électriques
- installations d’eau
- infrastructures médicales

L’isolement progressif de la bande de Gaza
En mai 2024, Israël prend le contrôle du passage de Rafah, situé à la frontière avec l’Égypte. Ce point de passage constituait le seul accès direct vers un autre pays.
À partir de ce moment, la bande de Gaza se retrouve totalement isolée.
Cet isolement complique fortement l’acheminement de l’aide humanitaire, l’entrée de marchandises et l’évacuation de certains blessés vers l’étranger.
Les camps de réfugiés improvisés
À mesure que les destructions s’étendent, une grande partie de la population se retrouve déplacée.
Des camps improvisés apparaissent le long de la côte et dans certaines zones ouvertes. Des milliers de tentes sont installées sur des terrains disponibles.
Dans certains cas, ces campements se trouvent dans des zones exposées aux risques d’inondation.

La destruction des infrastructures
Les cartes des destructions montrent également l’ampleur des dégâts sur les infrastructures du territoire.
De nombreuses routes sont endommagées ou détruites, ce qui complique les déplacements et le transport de l’aide humanitaire.
La seule centrale électrique de Gaza cesse également de fonctionner en raison du manque de carburant.
Une partie de l’électricité consommée dans la bande de Gaza provenait auparavant du réseau israélien. Les coupures d’approvisionnement aggravent la situation énergétique.
La crise de l’eau
L’accès à l’eau potable constitue un autre défi majeur. Les usines de dessalement de l’eau de mer nécessitent de l’électricité pour fonctionner.
Lorsque l’approvisionnement en énergie est interrompu, la production d’eau potable devient extrêmement limitée.
Dans un territoire densément peuplé, ces difficultés peuvent rapidement entraîner une crise sanitaire.
La destruction de l’agriculture
Les terres agricoles et les serres qui permettaient auparavant de produire une partie de la nourriture locale ont également subi des dommages importants.
La destruction de ces installations réduit considérablement la capacité du territoire à produire sa propre nourriture.
La population dépend donc davantage de l’aide alimentaire internationale.
Une reconstruction immense à venir
Les images satellites montrent que de vastes zones urbaines devront être reconstruites.
La reconstruction nécessitera :
- des investissements internationaux importants
- la remise en place des infrastructures essentielles
- la reconstruction des logements
- la réhabilitation des réseaux d’eau et d’électricité
Les experts estiment que la reconstruction complète du territoire pourrait prendre de nombreuses années.
Le bilan humain
Selon certaines estimations mentionnées dans plusieurs analyses, le conflit aurait causé environ :
- 80 000 morts
- 150 000 à 200 000 blessés
La majorité des victimes seraient des civils.
Ces chiffres restent toutefois difficiles à vérifier de manière indépendante dans un contexte de conflit.
Une situation humanitaire toujours critique
Malgré certaines périodes de cessez-le-feu, la situation humanitaire demeure extrêmement fragile.
Les organisations internationales soulignent que les besoins restent considérables :
- accès à l’eau potable
- nourriture
- soins médicaux
- logements
La reconstruction et la stabilisation du territoire représenteront un défi majeur pour les années à venir.
FAQ : comprendre la situation à Gaza
Combien de bâtiments ont été détruits à Gaza ?
Les analyses satellites montrent que des dizaines de milliers de bâtiments ont été endommagés ou détruits depuis le début du conflit en 2023.
Pourquoi les images satellites sont-elles utilisées ?
Les images satellites permettent d’obtenir une vue globale et relativement indépendante des destructions sur le terrain.
Combien de personnes vivent dans la bande de Gaza ?
Avant la guerre, la population était estimée à environ 2,2 millions d’habitants.
Pourquoi la situation humanitaire est-elle critique ?
La destruction des infrastructures, les pénuries d’eau et de nourriture ainsi que les déplacements massifs de population rendent les conditions de vie extrêmement difficiles.
Une précision ou une correction ?
Signaler une erreur à la rédaction ↗






