Des boulangeries commerciales de Gaza ont repris leur activité après avoir reçu de la farine en quantité limitée. Cette amélioration, rapportée par l’OCHA pour le 25 octobre, ne signifie pas que l’approvisionnement en pain est durablement rétabli. Elle montre surtout combien le fonctionnement des fours dépend de livraisons régulières, alors que les familles disposent de peu de solutions de remplacement.
Une réouverture après des fermetures temporaires
Le rapport OCHA daté du 22 octobre et publié le 26 octobre distingue plusieurs circuits de production. Le 23 octobre, 14 des 17 boulangeries commerciales soutenues par le Programme alimentaire mondial dans le cadre d’un dispositif fournissant uniquement du combustible étaient temporairement fermées, faute de farine.
Selon ce suivi, des partenaires humanitaires leur ont donné des quantités limitées de farine les 24 et 25 octobre. Seize des dix-sept établissements avaient ensuite repris leur activité ; le dernier restait fermé le 25 octobre pour des raisons techniques. Il s’agit d’une solution provisoire, pas de la confirmation d’un rétablissement durable des stocks.
Parallèlement, 21 boulangeries subventionnées par les Nations unies avaient continué à produire environ 80 000 lots de pain de deux kilogrammes par jour. Ce circuit est distinct des établissements commerciaux aidés en combustible. Ces données ne décrivent pas le nombre de fours ouverts le 29 octobre.
Pour les familles, cuire chez soi n’est pas une solution automatique
Dans un reportage publié le 24 octobre, Al Araby Al Jadeed décrit les longues attentes devant les boulangeries et interroge des habitants sur leurs possibilités de se procurer du pain. Mahmoud Sarhan raconte au média avoir utilisé des fours en terre pendant son déplacement, avant que le coût du bois ne rende cette solution plus difficile. Le reportage évoque aussi le prix de la farine, de la levure et des autres fournitures.
Ces témoignages éclairent les contraintes vécues par des ménages ; ils ne constituent pas un relevé exhaustif des prix ou des stocks. Ils permettent néanmoins de comprendre pourquoi distribuer de la farine et fournir du pain prêt à consommer répondent à des besoins différents. Une famille doit encore pouvoir réunir les moyens nécessaires à la cuisson.
Le financement de l’aide reste une autre contrainte
Le 19 octobre, le Programme alimentaire mondial annonçait une réduction de son assistance alimentaire et monétaire à Gaza, de 1,6 million de personnes le mois précédent à 1,1 million en octobre, faute de financement. L’agence précisait alors pouvoir maintenir son soutien aux boulangeries couvrant environ un tiers des besoins en pain du territoire.
Une reprise des fours peut donc coexister avec une aide réduite pour les familles. Le nombre de boulangeries actives, les quantités produites et la capacité des habitants à obtenir du pain sont trois indicateurs distincts. Notre dossier sur les cuisines collectives à Gaza éclaire un autre maillon de l’assistance alimentaire.
Pour apprécier la continuité du service, il faudra suivre les livraisons suivantes, la production effective et l’accès des ménages au pain. La protection de l’accès des civils à l’alimentation exige cette régularité, au-delà d’une réouverture ponctuelle.
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