À Gaza, une formation au cinéma cherche désormais à s’inscrire dans la durée. Le lancement local de l’Académie de cinéma de Gaza a accompagné l’ouverture du deuxième Festival international de cinéma féminin, le 26 octobre à Al-Bureij. Au-delà de la projection des films, l’initiative pose une question : comment permettre à de nouvelles réalisatrices de poursuivre leur travail après une première formation ?
Une école qui prolonge l’atelier
Dans son compte rendu de l’ouverture, le festival indique que cinq films de réalisatrices de Gaza ont été présentés dans la salle Al-Nakheel détruite. La cinéaste et productrice Mai Masri y a évoqué le travail de formation mené auprès de 25 participantes, avec des intervenants de Gaza et de l’étranger, dont des bénévoles.
L’Académie entend prolonger cette expérience d’apprentissage et soutenir la production de nouveaux films, selon les organisateurs. La projection publique donne ainsi une première destination aux œuvres réalisées dans le cadre de la formation. Elle ne suffit toutefois pas à garantir aux participantes des moyens de production ou un emploi durable.
Apprendre, produire, puis trouver un public
Cette volonté de continuité était déjà au cœur d’un entretien accordé à Al-Qahera News le 14 septembre par le cofondateur Ezzedine Shalh. Il expliquait que l’expérience des ateliers et du diplôme avait conduit l’équipe à chercher une structure capable de continuer après la fin d’un cycle d’études. Le projet avait été annoncé internationalement à Venise avant ce lancement à Gaza.
Shalh décrivait un accompagnement allant de la formation aux projets de fin d’études, puis à la production et à la circulation des films dans les festivals. Il présentait l’accueil de promotions successives comme un objectif. Ces ambitions restent celles d’un fondateur : elles ne constituent pas un bilan des places disponibles, du financement acquis ou des débouchés déjà obtenus.
Le reportage d’Al Jazeera du 27 octobre confirme sur place l’ouverture du festival et le lancement de l’Académie.
Créer aujourd’hui, conserver pour demain
Dans l’entretien de septembre, Shalh insistait aussi sur l’importance d’enregistrer les récits au moment où leurs protagonistes peuvent encore les transmettre. Il souhaite que les films deviennent une mémoire visuelle pour les générations suivantes. Cette intention suppose de donner aux personnes filmées une place dans la manière dont leur expérience est racontée, puis montrée.
Former des cinéastes et conserver des œuvres répondent à deux besoins complémentaires. Notre dossier sur les archives Tokyo Reels et leur contexte explore le second. L’Académie ouvre le premier : transmettre un métier pour que d’autres récits puissent prendre forme. La continuité du projet se mesurera aux formations poursuivies, aux films terminés et aux possibilités réelles de les montrer.
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