À Beit Lahia, dans le nord de Gaza, des agriculteurs décrivaient en septembre une difficulté qui précède toute récolte : trouver des semences utilisables. En cette Journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre 2026, leur expérience rappelle que nourrir une population dépend aussi de la possibilité de préparer la saison suivante.
Garder des graines, retrouver des fournisseurs
Dans un reportage publié par Al Jazeera le 13 septembre, Yousra Al Aklouk rapporte les difficultés d’Ahmed Majdi Tanboura : après avoir remis son terrain en état, il a acheté des graines à prix élevé, mais une partie n’a pas germé.
Un autre agriculteur, Abou Oussama Tanboura, explique conserver des graines de certaines de ses cultures, notamment de gombo, de melon, de poivron et de courge, pour moins dépendre du marché. Le même récit décrit les difficultés d’irrigation. Ces pratiques rapportées à Beit Lahia ne suffisent pas à établir la situation de tous les producteurs de Gaza, ni à garantir la réussite d’une prochaine récolte.
La qualité et le bon moment comptent aussi
Pour la FAO, l’accès aux semences ne se réduit pas à disposer d’un stock. Les agriculteurs doivent pouvoir obtenir, au moment nécessaire et à un prix accessible, des graines de qualité appartenant à des variétés adaptées à leurs conditions de production.
L’organisation souligne également l’importance des connaissances paysannes et des systèmes semenciers communautaires, aux côtés des autres acteurs de production et de distribution. Ce cadre général permet de comprendre pourquoi la conservation de graines, les fournisseurs et l’accompagnement agricole doivent être considérés ensemble. Il ne constitue pas l’annonce d’une distribution particulière à Gaza.
Préparer la saison suivante sans effacer l’urgence
La campagne mondiale de la FAO pour 2026 associe innovation, savoirs traditionnels et démarches inclusives pour améliorer l’accès à une alimentation suffisante et variée. À l’échelle d’une exploitation, cela invite à regarder ce qui relie deux saisons : les semences, mais aussi l’eau, la terre et la possibilité de travailler en sécurité.
La gestion de l’irrigation répond à une autre partie de cette chaîne. Produire demain et répondre aux besoins alimentaires immédiats restent deux horizons complémentaires. Les efforts des agriculteurs ne dispensent pas de l’aide nécessaire aux familles aujourd’hui.
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