À Gaza, les déplacements successifs compliquent aussi l’apprentissage de la musique. Un reportage d’Al Jazeera publié le 26 juin 2026 décrit les efforts du conservatoire Edward Saïd pour maintenir des cours auprès des familles déplacées.
Reconstituer les groupes après chaque déplacement
Dans ce reportage d’Israa Tarek Al Ramli, le coordinateur Fouad Khodr explique que les équipes ont poursuivi l’enseignement dans des centres d’hébergement et sous des tentes, après les dommages subis par les locaux et les instruments. Chant collectif, apprentissage des cordes et exercices de rythme permettent de conserver plusieurs portes d’entrée dans la musique.
Le manque d’instruments conduit aussi à utiliser des récipients comme supports de percussion. Mais le matériel ne résout pas tout : selon Khodr, de nouveaux déplacements dispersent parfois les élèves peu après le début des séances. Les enseignants doivent alors retrouver des participants et réorganiser les cours.
Cette expérience de juin montre pourquoi la continuité compte autant que l’ouverture d’un atelier. Une séance offre une occasion de pratiquer ensemble ; un apprentissage suivi permet de reprendre un geste, d’entendre ses progrès et de construire un répertoire. Les conditions décrites ne constituent toutefois pas un calendrier d’inscription valable aujourd’hui.
Une école inscrite dans une histoire plus longue
La Fondation A. M. Qattan retrace les origines de l’école de musique de Gaza. Lancé en 2008, le projet a accueilli ses premiers élèves en octobre de cette année-là. En avril 2012, la fondation l’a transmis au conseil d’administration de l’université de Birzeit : il est devenu la branche gazaouie du conservatoire national Edward Saïd.
Cette histoire rappelle que les cours reposent sur une institution d’enseignement et des compétences accumulées. Leur poursuite concerne la transmission musicale, au même titre que les bibliothèques cherchent à préserver l’accès à la lecture. Elle ne se résume pas à un moment de distraction.
Les témoignages sur le plaisir de chanter ou de jouer ne permettent pas de promettre une guérison des traumatismes. Préserver un espace culturel a sa valeur propre : pouvoir apprendre, créer et retrouver d’autres personnes. À travers les cours décrits, l’enjeu est de rendre ces rencontres assez régulières pour qu’un parcours musical puisse se poursuivre.
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