Une classe ouverte ne garantit pas qu’un enfant puisse y entrer. En Cisjordanie, les restrictions de circulation et les déplacements de familles peuvent interrompre la scolarité avant même le début du cours. Un relevé récent d’OCHA et un reportage de septembre montrent ce que ces obstacles changent à Tubas et près de Bethléem.
À Tubas, rejoindre la classe oblige parfois à partir
Dans son rapport daté du 2 octobre, publié le 5 octobre, OCHA décrit une situation observée le 25 septembre à Khirbet ar Ras al Ahmar, dans le gouvernorat de Tubas. Des restrictions d’accès ont empêché dix enfants d’aller à l’école. Une famille a temporairement installé trois d’entre eux à Khirbet Atuf pour leur permettre de suivre les cours ; les sept autres restaient privés d’enseignement en présentiel, selon ce relevé.
Le document ne permet pas de savoir si ces sept élèves ont depuis retrouvé leur classe. Il montre en revanche qu’un obstacle sur le trajet peut avoir des conséquences au-delà d’une journée d’absence : dans cette famille, la poursuite des cours a nécessité un changement temporaire de lieu de vie.
Changer de salle ne règle pas le trajet
Dans un reportage publié le 10 septembre par Al Jazeera, des élèves de Khirbet Ibziq, au nord-est de Tubas, racontent leur passage à des classes mobiles après avoir quitté leur ancienne école. Mal al-Sham Sawafta exprime sa volonté de continuer à apprendre. Son camarade Ayham Sawafta décrit des trajets interrompus ainsi que la chaleur et le bruit dans les nouveaux locaux.
À Tuqu’, près de Bethléem, le même reportage donne la parole à Yahya Al Amour, qui accompagne ses filles pour éviter de les laisser traverser seules une route qu’il juge dangereuse. Ces témoignages portent sur des lieux et des personnes précis. Ils éclairent le quotidien scolaire sans constituer un bilan de toutes les écoles de Cisjordanie.
Mesurer la continuité des cours
Pour suivre l’accès à l’éducation, le nombre de salles disponibles doit être rapproché des journées réellement suivies. Un transport fonctionne-t-il régulièrement ? Un élève déplacé peut-il rejoindre une autre école ? Une classe de remplacement offre-t-elle des conditions permettant de travailler ? Ces questions concernent des étapes différentes, que la seule annonce d’une rentrée ne décrit pas.
La comparaison avec les conditions de reprise de l’école à Gaza aide à comprendre cette distinction, tout en gardant les situations des deux territoires séparées. Assurer un trajet sûr, des locaux adaptés et la continuité du lien avec les enseignants sert le même objectif : protéger les enfants et leur droit d’apprendre.
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