À Gaza, quitter un immeuble dangereux suppose de trouver un autre refuge. L’effondrement d’Al-Saada, le 16 septembre 2026, a rendu cette difficulté tragiquement visible. Trois semaines plus tard, le suivi humanitaire décrit encore des bâtiments jugés dangereux où vivent des familles. Le problème associe la sécurité des logements et la possibilité réelle d’être relogé.
Le risque était connu, l’alternative manquait
Dans son reportage du 16 septembre, actualisé le lendemain, la journaliste Yousra Al-Aklouk, d’Al Jazeera Arabic, recueille le récit du survivant Mahmoud Al-Soutari. Sa famille entendait des craquements et voyait des signes de dégradation, mais ne disposait pas d’un autre endroit où vivre. Le porte-parole de la Défense civile interrogé par le média affirme que les occupants avaient été avertis du danger.
Ces récits éclairent la contrainte de familles précises. Ils ne constituent pas une expertise technique du bâtiment. Les bilans publiés pendant les recherches étaient provisoires ; aucun total final de victimes n’est établi ici à partir de ces premières informations.
Du secours à une solution de logement
Dans sa déclaration du 16 septembre, le coordinateur humanitaire de l’ONU, Ramiz Alakbarov, signalait des opérations de recherche et de sauvetage en cours. Il soulignait que des habitants vivaient dans des structures considérées comme dangereuses, faute de meilleures possibilités. Il demandait l’entrée urgente de machines et de fournitures spécialisées pour les secours, ainsi que des tentes et des bâches pour les personnes les plus vulnérables.
Le rapport d’OCHA daté du 2 octobre, publié le 5 octobre, décrit toujours des bâtiments dangereux habités. Il indique aussi que les démarches de relogement volontaire nécessitent, entre autres, des sites préparés, un accès à l’eau et des voies praticables. Une destination annoncée ne signifie donc pas qu’une famille peut déjà s’y installer.
Un abri de remplacement doit pouvoir accueillir les familles
Le logement de secours ne se résume pas à un toit. Pour une famille, pouvoir rejoindre le site, conserver ses affaires et accéder aux services essentiels fait partie de la solution. Ces besoins doivent être suivis en même temps que le risque signalé dans le bâtiment quitté.
Les évaluations du risque d’inondation avant l’hiver ajoutent une autre dimension : un emplacement de remplacement doit aussi être examiné dans son environnement. La sécurité d’un immeuble et celle d’un site d’hébergement sont deux questions distinctes, qui appellent des évaluations adaptées. Une illustration ou une photographie ne permet pas de les trancher.
Le suivi utile porte sur les solutions effectivement accessibles : combien de familles ont reçu une proposition, lesquelles ont pu rejoindre un autre lieu et quels services y fonctionnent ? Protéger les civils exige de leur permettre de quitter un danger sans perdre tout refuge.
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