Des béquilles posées à côté d’un commerce improvisé : le reportage publié le 8 octobre par Al Araby Al Jadeed raconte le quotidien d’Abdelrahman Al-Khoudari, amputé d’un pied, qui vend du bois pour soutenir ses deux sœurs et son frère. Son récit rappelle qu’après une blessure, les besoins dépassent la sortie de l’hôpital. Se déplacer et pouvoir travailler restent des enjeux de la vie quotidienne.
Un parcours individuel, des besoins plus larges
Al-Khoudari explique au média être devenu le seul soutien de sa famille après la mort de son frère aîné. Ce témoignage décrit une situation personnelle ; il ne dit pas quel suivi de réadaptation il reçoit. Il permet en revanche de poser une question concrète : quelles conditions rendent une activité possible pour une personne blessée ?
La réadaptation accompagne le retour des capacités utiles au quotidien. Dans sa note du 8 juillet 2026 sur les conflits, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) la considère comme un service essentiel. Elle concerne les nouvelles blessures, les handicaps préexistants dont les soins sont interrompus, ainsi que la récupération psychologique et sociale.
Des prothèses encore peu accessibles dans les données de mai
Dans son actualisation publiée le 12 mai 2026, l’OMS estimait à 43 000 le nombre de personnes ayant subi des blessures bouleversant durablement leur vie à Gaza depuis octobre 2023. Cette estimation ne représente pas un décompte actualisé au 8 octobre. Elle porte sur les blessures liées au conflit, sans couvrir tous les besoins associés aux maladies chroniques ou aux handicaps antérieurs.
Parmi environ 2 300 personnes amputées évaluées entre septembre 2024 et mai 2026, seulement 500 avaient reçu une prothèse permanente, selon l’OMS. Ces nombres décrivent les personnes évaluées par les services concernés, et non l’ensemble des personnes amputées de Gaza. L’organisation reliait cet écart à de graves pénuries.
Le même état des lieux signalait des restrictions sur l’entrée du matériel de réadaptation et des aides techniques. Au milieu d’avril, 18 envois restaient en attente d’autorisation, notamment des fauteuils roulants et des prothèses. Ces données datées documentent des obstacles ; elles ne permettent pas de connaître le sort de chaque livraison depuis.
Suivre l’autonomie, au-delà de la remise d’un équipement
Une aide à la mobilité et un suivi professionnel répondent à des besoins complémentaires. L’OMS souligne qu’une réadaptation précoce peut réduire les complications et améliorer la récupération à long terme. Les pénuries qui fragilisent le suivi des soins à Gaza éclairent les difficultés du système dans lequel ces parcours doivent s’inscrire.
Mesurer l’aide réelle suppose donc d’examiner si les personnes peuvent accéder aux séances, utiliser leur équipement et poursuivre leurs activités. Le travail d’un homme blessé ne prouve pas que ses besoins sont satisfaits. La protection des civils doit aussi permettre à celles et ceux qui ont survécu de retrouver une place choisie dans la vie familiale et sociale.
Une précision ou une correction ?
Signaler une erreur à la rédaction ↗






