Numériser un manuscrit permet d’en conserver une image et d’en partager le contenu. Mais la copie ne répare pas le papier et ne remplace pas la protection de l’original. À Gaza, le travail de Haneen Al-Amassi et de l’historien Abdul Latif Hashim associe ces deux besoins : sauvegarder les collections et permettre leur transmission.
Leur démarche a été distinguée par le prix UNESCO/Jikji Mémoire du monde 2026, remis le 4 septembre à Cheongju, en Corée du Sud. Dans sa présentation des lauréats publiée le 12 septembre, l’UNESCO souligne leur travail de documentation, de conservation et de sauvetage d’urgence. Cette reconnaissance porte sur des efforts menés dans la durée.
Préserver les pages et ce qu’elles racontent
Le reportage d’Al Jazeera du 10 septembre donne une place aux récits des deux professionnels. Al-Amassi y décrit les difficultés du sauvetage de documents avec peu de matériel. Hashim revient sur son travail auprès des familles pour faire reconnaître la valeur historique de papiers transmis entre générations. Ces témoignages éclairent un enjeu : une archive peut sembler ordinaire à son détenteur tout en portant une histoire difficile à retrouver ailleurs.
L’UNESCO fait état de plus de 25 000 pages de manuscrits numérisées, avec le soutien de l’Endangered Archives Programme de la British Library. Il s’agit de pages, et non de 25 000 livres. Ce chiffre ne mesure pas non plus l’ensemble du patrimoine documentaire de Gaza ni ce qui subsiste aujourd’hui de chaque collection.
La copie et l’original remplissent des rôles complémentaires
Le contenu lisible d’une page compte, mais l’objet porte également une reliure, des annotations et des traces de circulation. Une reproduction permet de consulter ce qui a été enregistré ; la conservation protège le document matériel. Le programme Mémoire du monde de l’UNESCO poursuit ainsi la préservation des originaux et leur accessibilité.
Ces collections offrent des matériaux pour la recherche et la transmission de l’histoire palestinienne. Leur sauvegarde dépend de compétences, de moyens et de conditions de travail sûres. Protéger les documents suppose aussi de protéger les personnes qui s’en occupent, sans leur demander de prendre des risques pour sauver un objet.
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