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From Gaza with love : deux ans de vies filmées à Gaza par Suhail Nassar et Charles Villa
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From Gaza with love : deux ans de vies filmées à Gaza par Suhail Nassar et Charles Villa

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From Gaza with love : deux ans de vies filmées à Gaza par Suhail Nassar et Charles Villa

Le documentaire suit Suhail Nassar, Rateel et les habitants de son quartier. Une lecture du film, de ses témoignages et de la mémoire qu’il préserve.

Montage de la vignette YouTube : un homme portant une enfant devant des immeubles détruits.
Vignette de la vidéo YouTube publiée par Charles Villa. Crédit conservé ; vidéo disponible dans le lecteur officiel. Vignette composée ou illustrée, pas une photographie brute d’une scène.

Un enfant veut jouer au football, une petite fille refuse de quitter son quartier, un homme envoie les images de ce qui reste de sa maison. From Gaza with love, le film de Suhail Nassar et Charles Villa diffusé sur YouTube sous le titre « 2 ans en immersion dans l’enfer de Gaza », suit ces vies pendant la guerre. Il donne une durée, des visages et des liens familiaux à une réalité souvent racontée à travers des bilans.

Mis en ligne le 24 avril 2026 sur la chaîne de Charles Villa, le documentaire dure 1 h 49 min 30 s. Les scènes racontent différentes étapes de la guerre, et non la situation exacte au jour de publication de cet article. Notre lecture repose sur les sous-titres français du film, avec des repères permettant de retrouver les passages évoqués.

Regarder la vidéo

Vidéo publiée par Charles Villa sur YouTube le 2026-04-24. Lecteur officiel. Vignette : Charles Villa, utilisée pour présenter la vidéo intégrée.

Une caméra à l’intérieur, une conversation à distance

Vers 5 min 46 s, Suhail Nassar se présente. Il explique son attachement à Gaza, où il a grandi, et montre un appartement endommagé. Dans les premières minutes, il décrit déjà une pratique simple : filmer avec son téléphone, conserver des images et rendre visible ce qu’il traverse. Le film fait ainsi entrer le spectateur dans un quotidien, sans mettre tous les habitants à distance derrière une formule générale.

Charles Villa, lui, raconte vers 8 min 35 s qu’il ne peut pas entrer dans Gaza et qu’il a établi un contact avec Suhail par l’intermédiaire d’un reporter palestinien en exil. Les appels structurent une relation où les nouvelles arrivent par fragments, parfois avec des silences. Cette méthode donne une place centrale à celui qui filme sur place. Elle invite aussi à se souvenir de la dépendance aux connexions, à l’électricité et à la sécurité des journalistes.

La question de la liberté d’informer prolonge notre archive sur la fermeture du bureau d’Al Jazeera à Ramallah, en septembre 2024. Ce précédent concerne la Cisjordanie : il éclaire les obstacles au travail journalistique, sans constituer une vérification des scènes tournées à Gaza.

Rateel et les enfants : continuer à avoir une enfance

Les jeux, les plaisanteries et les échanges avec les enfants empêchent le récit de se réduire à la destruction. Rateel apparaît comme une personne avec ses préférences, ses inquiétudes et ses rapports aux adultes. Bien plus tard, vers 1 h 22 min, elle dit ne pas vouloir partir vers le sud. Une évacuation devient alors une séparation concrète : quitter une chambre, des voisins, un lien affectif et les rares habitudes encore possibles.

Vers 1 h 24 min, Suhail compare son enfance à celle des enfants qu’il accompagne. Il évoque la perte des lieux d’apprentissage et de jeu, ainsi que les tâches nécessaires à la survie des familles. Ces propos sont son témoignage. Ils ne constituent pas une étude clinique des conséquences de la guerre, mais donnent à comprendre pourquoi retrouver une école ne consiste pas seulement à rouvrir un bâtiment.

L’appel de l’UNICEF pour la Palestine, consulté le 5 octobre 2026, décrit des besoins qui touchent l’éducation, les déplacements, la protection et le soutien psychosocial des enfants. Ce document humanitaire contextualise le film, sans confirmer individuellement le parcours de ses personnages. Nos archives sur la vie des orphelins dans un camp de réfugiés et sur les difficultés à nourrir et soigner les nourrissons à Gaza, toutes deux publiées en septembre 2024, abordent d’autres expériences de familles.

La nourriture, les meubles et les gestes ordinaires

Vers 1 h 26 min, le père de Rateel casse du mobilier en bois pour faire du feu. La scène met en relation deux pertes : utiliser ce qui permettait de vivre dans une chambre pour répondre à un besoin immédiat. Elle aide à comprendre la place des objets dans le récit. Un meuble, une tasse ou un repas partagé contiennent aussi une mémoire familiale.

Les conversations sur la faim et la fatigue, autour de 1 h 20 min, montrent comment les besoins physiques affectent les journées, les déplacements et le travail. Pour approfondir ce point avec des données distinctes des témoignages, notre décryptage des chiffres de la nutrition des enfants de Gaza explique les différences entre enquête nutritionnelle et projection alimentaire. Aucun chiffre de cette enquête ne peut être attribué aux personnes filmées.

Ghada, une personne avant de devenir un souvenir

Ghada est présentée dès les premières séquences comme une professeure d’anglais connue de Suhail depuis son enfance. Elle plaisante et garde un rôle de transmission auprès de ses anciens élèves. Le récit de sa disparition, à partir de 1 h 15 min, prend sa force dans cette présence antérieure. Suhail raconte la perte d’une amie et les difficultés à retrouver son corps sous les décombres.

Nous rapportons ici ce témoignage comme celui du film. Les circonstances précises d’une frappe et les responsabilités qui en découlent nécessitent une enquête spécifique ; une séquence documentaire ne remplace pas ce travail. L’intérêt de cette lecture est de conserver la personne, ses liens et ce qu’elle a transmis, plutôt que d’utiliser son histoire comme une illustration anonyme.

Filmer pour préserver le quartier et les liens

Autour de 1 h 29 min à 1 h 33 min, la disparition des repères du quartier devient un thème central. Suhail se souvient des arbres, des oiseaux, des trajets et des jeux. Le film relie ainsi la perte du logement à celle d’un environnement partagé. Notre dossier sur les cartes satellites des destructions à Gaza propose une autre échelle de lecture : celle du territoire. Une carte et un témoignage ne répondent pas aux mêmes questions.

Cette attention à la mémoire rejoint également notre présentation de l’œuvre de Yara El-Ghadban et de son refus d’une Palestine sans avenir. La littérature et le documentaire empruntent des chemins différents, mais posent une question commune : que faut-il préserver pour qu’une vie future reste imaginable ?

Regarder sans perdre le contexte

Le film contient des récits de deuil, de déplacements et de bombardements qui peuvent être éprouvants. Il est possible de faire une pause et de reprendre la lecture plus tard. Ses bilans chiffrés appartiennent à la période du film et ne doivent pas être présentés comme des décomptes actualisés en octobre 2026.

Pour comparer les échelles du récit, retrouvez aussi notre lecture de l’entretien sur l’IA, Gaza et la responsabilité politique et le décryptage de l’enquête de Radio France sur le Qatar, le Hamas et Netanyahou. Ici, ce sont les personnes filmées qui donnent sa mesure au documentaire : leurs relations, leurs choix et la possibilité de continuer à se parler.

Repères pour retrouver les passages

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